BALI

MARS 2012 – Destination paradisiaque, encensée depuis la parution de « Mange, Prie, Aime », Bali est une île de 5 637 km2 située entre l’île de Java et celle de Lombok. Grâce à la compagnie Jet Star (l’équivalent de notre Ryanair européen) les Doudous quittent Sydney à prix réduit. Une dizaine de jours de vacances à Bali. Normal, quoi. J’expérimente pour la première fois le continent asiatique, le climat équatorial et l’océan Indien. Après un petit problème de calcul des distances, nous comprenons que nous arriverons tard à l’aéroport de Denpasar. Une fois le passeport tamponné, nous attendons patiemment l’arrivée de nos bagages. Tout d’un coup, deux hommes sortis de nulle part les attrapent. Nous, quelque peu décontenancées, commençons à les suivre bêtement. Jusqu’à ce qu’une française, visiblement coutumière de cet usage, nous mette en garde: ces hommes portent les bagages jusqu’à notre moyen de transport et réclament une forte somme d’argent en compensation. Notre sauveuse ôte nos affaires des mains des envahisseurs, leur expliquant calmement de nous laisser tranquilles. Pleines de gratitude, nous la questionnons sur la marche à suivre pour nous rendre à notre hôtel à Ubud, autrement dit à plus d’une heure de route de là où nous sommes. L’héroïne du jour nous aide à négocier le tarif de la course en taxi. Nous nous séparons dans la nuit noire, moite et étouffante. L’arrivée en lieu sûr, au Alas Petulu Cottages, est salvatrice. Je revois encore Doudou s’étaler en étoile sur le lit de plaisir! Notre chambre ressemble davantage à une maison: pièces immenses, lit King Size, salle de bain immaculée, piscine privée et jardin foisonnant de végétation. De nuit, difficile de s’en rendre compte. Une bonne douche, une nuisette, un coup d’anti-moustique, et au dodo les Doudous.

Pas de réveil. Nous nous éveillons tranquillement avec pour seul objectif de nous remplir l’estomac, au paradis. Le jeune homme en charge de notre cottage vient à notre rencontre, nous questionnant sur nos goûts pour le petit déjeuner. Il nous invite à enfiler une tenue confortable pour prendre notre repas sur la table au jardin, protégée du soleil par une végétation à profusion. Repues, nous décidons de découvrir la ville artistique d’Ubud où nous logeons. Sur le chemin, je croise le regard d’un petit garçon, deux ans à peine. Il me sourit timidement. Sa maman observe la scène, me rend mon sourire. Et dire que je les croiserai chaque jour jusqu’à notre départ… Doudou et moi errons sans but. D’un seul coup, concert de klaxons. Une célébration, visiblement. Des centaines de scooters prennent la rue d’assaut. Sur chaque deux roues, un improbable jeu de Tetris pour que quatre à cinq personnes tiennent dessus. Les travailleurs occupent les toits des camionnettes, visages burinés par le soleil. En attendant que la tempête passe, nous trouvons refuge dans un restaurant grand ouvert sur l’extérieur. De fins rideaux blancs font office de séparation avec le reste du monde. Chez Nomad, aucune chaise. Il faut retirer ses chaussures avant de grimper sur une estrade, où se trouve une table basse. C’est donc étendues comme des Pachas, façon orgie romaine, que nous dégustons le premier Nasi Goreng de notre séjour. Il s’agit d’un plat typiquement indonésien à base de riz, de poulet sauce satay et de petits légumes. Sa variante version pâtes se nomme Mie Goreng, tout aussi délicieux! Les Doudous se lèchent les babines… Nous profitons de cette bulle de sérénité pour établir un plan d’attaque pour notre séjour. Demain matin, nous partirons à la recherche d’un taxi pour nous emmener au Parc des éléphants…

Prêtes à affronter le sauna extérieur, sac sur le dos et bouteille d’eau d’1.5 litre chacune, nous allons essayer de ne pas nous faire arnaquer. Ce serait bien, quand même… Nous nous sommes renseignées à l’hôtel au sujet des tarifs. Le directeur nous confirme ce que nous savions déjà: à Bali, comme partout en Indonésie, comme partout en Asie du Sud-Est, la négociation des prix est monnaie courante. Le vendeur du service va annoncer un prix bien au-delà de ce qu’il peut prétendre, et nous faisons de même en sens inverse. Ils sont tout un groupe de taximen, amassés à côté du Temple. Le but du jeu: rester inflexible. Plus facile à dire qu’à faire… Un monsieur nous annonce 250000 roupies (17€) pour l’aller simple entre Ubud et le parc. A l’hôtel, le patron nous a conseillé de ne pas débourser plus de 100000 roupies (7€) pour ce trajet. Nous répondons à l’intéressé 80000 roupies. Il éclate de rire, propose 150000 roupies. Nous refusons. Ainsi de suite… Puis nous finissons par tomber sur notre bonheur. Un homme nous questionne sur notre programme, et propose un forfait à la journée. En fonction de nos trajets, avec un départ à 10H chaque matin, plus une garantie qu’il ne rentre pas trop tard chez lui pour retrouver sa famille (18H maximum), nous trouvons un accord sur 400000 roupies (27€) pour la journée. En cinq jours, ce monsieur gagnera le salaire mensuel d’un ouvrir non qualifié dans son pays (2 millions de roupies, soit 135€).

Nous en avons parcourus des kilomètres avec lui… Pour ma part, la climatisation de sa voiture était une bénédiction! On en a vu de toutes les couleurs. Une fois, à Denpasar, nous l’avons même perdu. Avec Doudou, nous sortions d’un après-midi éreintant où nous avions fait manucure et pédicure, puis plus rien. Notre taximen aux abonnés absents. Au bout de plusieurs minutes, à marcher doigts de pieds écartés pour éviter toute collision avec nos beaux orteils, nous l’avons retrouvé, à l’ombre. Pour revenir sur l’épisode beauté des mains et des pieds, il fait parti de ces instants mémorables propres à un voyage au bout du monde. Nous sommes entrées dans ce salon, tenu par une famille de locaux, par hasard. Nous étions incapable de nous comprendre. A l’aide de gestes et d’une calculatrice, nous leur avons montré ce que nous souhaitions, et le tarif que nous espérions dédier à cela. Après une légère majoration de notre proposition, nous nous sommes installées. Je me rappelle que deux allemands sont entrés, torses nus, chaussettes dans les sandales. Vous voyez le tableau. D’un coup, les filles ont éclaté de rire. Le fou rire a rapidement gagné le salon de beauté. Chacun utilisait sa propre langue pour parler de ces deux messieurs. En dépit du fossé linguistique, nous nous comprenions malgré tout. Dans un sens, la langue de vipère semble universelle…

Nous en avons vécu des aventures pendant ces dix jours: la fois où Doudou a fait tomber sa glace par terre, ou lorsqu’elle a crié « Non, on a la carte« ; la fois où nous nous sommes fait masser (nues), la fois où nous sommes allées dans un bar à Chichas, la fois où il n’y avait plus de vin à la boutique, la fois où j’ai eu peur de mettre mes pieds dans le bassin où les petits poissons garra rufa mangent les peaux mortes… Dernier épisode et pas des moindre: celui de la Forêt des singes. Pardonne-moi mon Doudou, mais était tout de même mémorable. Pour une fois que ce n’est pas moi qui ait la poisse… Les bébés singes me grimpaient dessus, tandis qu’ils grognaient sur elle… Jusqu’à la mordre. Pendant un quart de seconde, on a regretté de ne pas avoir fait le vaccin contre la rage. Bon soyons clairs: Doudou leur a bien rendu, malgré elle évidemment. Grand-Mère Feuillage, certainement doyenne de cette famille de singes, a eu la très mauvaise idée de grimper sur le sac de mon Doudou, de l’ouvrir et de fouiller dedans. Et qu’est-ce qu’elle y a trouvé? Un tube de Super-glue. Je vous laisse deviner la suite: la pauvre bête a mangé le tube, et la colle qui allait avec. Amour et paix aux défenseurs de la cause animalière…

Notre séjour s’est achevé comme il avait commencé: dans la joie et la bonne humeur. Notre chauffeur, avant de nous emmener à l’aéroport, nous lance un « Do you want to go to the bit? » Euh, pardon? Il nous a fallu pas moins d’un quart d’heure pour comprendre que « the bit » signifiait « the beach« . Avant de quitter l’île, notre bienfaiteur nous propose de nous emmener dans un charmant bar, où boire un cocktail les pieds dans l’eau. Si si, au sens propre. Un bar à l’intérieur d’une piscine remplie à mi-hauteur. Il est temps de retrouver Sydney. Ni une, ni deux: nous rassemblons l’ensemble de ce qu’il nous reste de roupies (environ 400000 roupies), et lui offrons pour le remercier de son aide et de sa patience avec nous. Un beau geste, certes. Sauf que nous ignorions qu’il fallait s’acquitter d’une taxe de 200000 roupies par personnes pour sortir du pays. Evidemment, le distributeur d’argent liquide est en panne; et la douane n’accepte pas les paiements par carte bancaire. C’est le serpent qui se mord la queue. Finalement, nous avons fini par en dégoter un à l’opposé de notre terminal d’embarquement. Un vol de nuit, et six heures plus tard nous arrivons à Sydney. Nous ignorons encore que dix jours plus tard, nous préparerons nos bagages à nouveau…

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