NEPAL

NOVEMBRE 2012 – Namaste ! Les Bébés en ont rêvé, les Bébés l’ont fait. C’est le début de notre incroyable aventure: celle de l’Ecole de la Vie. Une année à parcourir le Monde, maison sur le dos, des situations improbables, des rencontres incroyables. Et nous ne commençons pas par le plus simple: direction le Népal, petit pays enclavé dans la plus haute chaîne de montagne du monde.

Reprenons depuis le début: nous avons fait nos adieux à nos familles chéries, respectivement à 6h et 9h du matin. Notre périple démarre à la gare Lille Europe pour rejoindre l’aéroport Charles de Gaulle. A 12h25, notre avion pour London Heathrow Terminal 5 décolle, et grâce à notre compagnie British Airways nous n’avons eu à nous occuper de rien ! Mis à part quelques formalités à la douane et une longue attente… Deuxième avion de la journée : décollage de London vers New Delhi à 15h25 heure du Royaume-Uni. Après 8 longues heures de vol, un repas pas-mal-pour-un-avion, un plaisir des yeux, une rencontre avec un voisin sympathique, et quelques heures de sommeil, nous atterrissons en Inde. OH MIRACLE: une zone fumeurs ! Que demande le peuple ? Après plus de 16h d’abstinence nous n’y croyions plus ! D’ailleurs pour tout vous dire, il nous en fallait bien une de cigarette vu ce qui nous est arrivé ensuite… Une queue abominable à la douane de 45 minutes, pour finir par se faire jeter comme des malpropres : « You’re refused », au poste de Douane à cause de notre visa incomplet.  Finalement demi-tour, direction le transfert international où un jeune homme fort compatissant nous a imprimé notre carte d’embarquement, et s’est occupé de nos bagages pour le prochain vol : Delhi – Kathmandu, prévu ce jour à 13h10 heure locale. Nous n’avons donc toujours pas vu la couleur de nos bagages depuis Paris, et leurs envoyons toutes nos pensées positives pour qu’ils nous reviennent en bon état. Enfin, qu’ils nous reviennent tout court. Dans la zone fumeur de l’aéroport, nous rencontrons des québécois dépités par les horreurs qu’ils ont vu pendant leurs quinze jours de vacances en Inde. Nous voilà rassurées. Ils prennent leur vol direction Katmandu quelques heures avant le nôtre…

Au travers du hublot, une vue hallucinante, qu’on aurait bien des difficultés à imaginer même dans nos rêves les plus fous. Nous survolons les nuages et flirtons avec les sommets de l’Himalaya. Il suffirait d’une bonne dépressurisation de la cabine pour que le voyage de notre vie s’achève en drame sans précédent… En sortant de l’avion, nous entrons dans ce qui ressemble à un centre des finances publiques français: sinistre. L’aéroport international de Katmandu ne tient de grandeur que son nom. Une file interminable de voyageurs se matérialise devant nous, tous en attente d’obtenir un Visa d’entrée sur le territoire. Passeport baptisé du Tour du Monde, nous quittons l’enceinte du bâtiment pour prendre notre premier bain de foule. Un groupe d’une cinquantaine d’hommes fonce droit sur nous, proposant »taxi! taxi! ». On dirait des abeilles attirées par un pot de miel. Je dois avouer que sur le coup, impressionnées, nous avons pris peur. Puis, notre hôte est apparu: Prem, fendant la foule tel Lewis Hamilton pour arriver sur le podium.C’est sur recommandation d’un ami de mon Bébé que nous décidons de loger dans sa maison d’hôtes. Très vite, lui et son compagnon attrapent nos sacs, les placent dans le coffre de leur voiture et nous ouvrent les portières arrière. D’accord. Très bizarre comme première approche… Nous savourons les derniers rayons du soleil, fenêtres grandes ouvertes, tandis que nous observons curieusement ce qu’il se passe sous nos yeux. Ça y est, nous sommes arrivés. Prem nous invite à prendre le thé avec lui et son épouse, nous présente aux hôtes du moment dont Aurélien-notre-sauveur, et aux deux jeunes hommes chargés de s’occuper de nous: Ashal et Phulman. Beaucoup d’informations à digérer, près de 48 heures de voyage entre Lille, Paris, Londres, New Delhi et Katmandu. STOP. Les Bébés filent sous la douche, avant de sombrer dans un sommeil réparateur, et plus important: à l’horizontale!

Le lendemain matin, nous nous éveillons en toute sérénité direction la salle de petit déjeuner: « More toasts? », tente gentiment Ashal. Nous lui répondons par l’affirmative. En revanche, lorsqu’il propose « More milk ?« , là la réponse est clairement non. Nous avons eu le malheur de jeter un œil à l’intérieur de la cuisine. Expérience malheureuse, mais extrêmement drôle. On aimerait bien préserver notre corps de la Tourista le plus longtemps possible…  Aurélien-notre-sauveur est présent dans la salle, affairé à multiplier les contacts. Il cherche à rejoindre bénévolement une école située dans les hauteurs de l’Himalaya, difficile d’accès donc, pour rejoindre une équipe d’enseignants pour les enfants isolés. Il est ici depuis plusieurs semaines et maîtrise bien le territoire. Prem lui a demandé de s’occuper de nous aujourd’hui… Au programme, balade autour du Hanuman Dokha: un temple en pierres blanches réalisé  sur l’eau, ancien palais Royal. Ensuite, direction Durbar Square, place tournante de Katmandu, débordant de temples. La journée s’achève par Thamel, quartier touristique par excellente. C’est l’endroit idéal pour faire des achats en fin de séjour comme de douces écharpes en pashmina, et se perdre dans les ruelles et le quotidien des népalais. Je ne vous cache pas que niveau photographie, je me suis éclatée.

Jour 2, il est temps pour les Bébés de voler de leurs propres ailes. Nous prenons un mini-bus en direction de Bhaktapur. Alors les transports locaux sont assez, comment dire… dépaysants. Aucun panneau n’indique que le transport va s’arrêter, aucun moyen de savoir où il se rend également. Mystère et boule de gomme… Déjà que ce n’est pas facile de se faire comprendre, notre volonté de « vivre local » ajoute du piment à nos démarches. C’est plutôt amusant: on se retrouve à deux à l’arrière d’un van dont les capacités d’accueil sont triplées: 20 places assises, une soixantaine de personnes entassées à l’intérieur. Forcément, avec notre peau claire et mes cheveux ondulés, on dénote un peu dans le paysage de la faune locale. A un moment, je sens que l’on tire sur mes cheveux. Je me retourne et voit cinq garçons affairés à me tripoter une mèche frisée. Ils sont simplement curieux de connaître cette texture qui leur est inconnue… Ils discutent en népali, baragouinent un ensemble de mots incompréhensibles. Jusqu’à ce que l’un d’entre eux lâche un « beautiful » hésitant. Adorable… Retour à Bhaktapur. Il s’agit d’une ancienne cité médiévale entièrement réalisée en pierres rouges et noires, où artisanat et culture du riz sont omniprésents. On peut également qualifier la ville-cité de « Durbar Square« , puisqu’on y trouve de nombreux temples et lieux de culte indo-bouddhistes. Derrière nous, un accent familier se fait entendre: ce sont nos québécois, rencontrés deux jours plus tôt à l’aéroport de New Delhi. Nous échangeons nos impressions, et réalisons qu’en fin de compte, l’Inde ne doit pas être si terrible. L’un d’eux lâche qu’ici « c’est bien pire qu’en Inde« . Ah. Question de point de vue finalement parce que nous, on s’y sent plutôt bien. Les népalais sont profondément bons, l’essence même du bouddhisme: calmes, empathiques et désireux de bien faire. Alors certes: impossible de se repérer puisqu’il n’existe aucun type de plan, pratiquement personne ne parle anglais, les vaches se promènent partout librement (et non, ce n’est pas un cliché!), une odeur persistante de viande défraîchie mêlée à celle des déjections animales embaume les rues de la capitale… Vous l’aurez compris, ce n’est pas le paradis. Il faut s’accrocher parce que ce n’est pas tous les jours facile. Mais c’est la vie, c’est le Népal, et c’est probablement l’endroit qui m’a le plus touché au monde. Alors, rien que pour les émotions qu’il m’a provoqué, je dois bien au Népal une bonne dose de respect, et de gratitude.

Le lendemain, troisième jour. Nous nous rendons dans deux des endroits incontournables de la capitale: Swayambunath et Bodhnath, classés au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Ce sont de magnifiques lieux de cultes où l’on trouve des stupas hors de proportion, entourés par de superbes drapeaux de prières colorés. Jour quatre, âme sensible s’abstenir. Aurélien-notre-sauveur propose de nous accompagner à  Pashupatinath, à proximité de la Bagmati.  Il s’agit probablement du lieu qui nous a le plus touché tout au long de notre aventure népalaise. La ville de Pashupatinath se situe à 5km du centre de Katmandu, et est traversée par la rivière sacrée Bagmati (l’équivalent du Gange indien). Un endroit purement dédié aux croyances hindouistes. Nous réalisons ce pèlerinage sacré à pieds, une immense colline à gravir pour atteindre la rivière, juste de l’autre côté du versant.  En effectuant l’ascension, un odeur persistante attaque mes narines. Une odeur de mort, qui jamais plus ne quittera mon esprit. Au Népal, il n’existe pas de système funéraire tel qu’on le connaît chez nous. De ce fait, plusieurs crémations par jour en plein air, sur les rives de la Bagmati. Après la cérémonie religieuse, les corps sont balancés à l’eau, bien qu’ils n’aient pas fini d’être consumés par les flammes. Nous avons assisté à plusieurs crémations, dans le calme, sidérées de constater que nous avions un rapport au deuil totalement différent de celui des bouddhistes. Les gens viennent assister au rituel funéraire avec leurs enfants, bien qu’ils n’appartiennent pas au cercle familial. C’est comme un spectacle de rue, quelque chose de positif dans le passage dans l’au-delà. Croire en la réincarnation soulève pas mal de questions sur notre propre devenir…

Bébé et moi rentrons à l’hôtel, je ne veux qu’une chose: me laver. Retirer cette odeur de cendre et cette saleté qui me suit depuis l’après-midi. La nuit, j’ai le sommeil agité. Je me réveille à 4 heures du matin, sors de la chambre pour le pas réveiller Bébé. Dans le silence de l’obscurité, je croise Ashal dans le couloir. Il me demande gentiment de ne pas bouger et de patienter quelques minutes. Il vient me rechercher, et m’emmène au second étage de la résidence. A gauche, je vois qu’il a ouvert en grand la porte-fenêtre du deuxième étage. Et bien qu’il fasse encore nuit noire, on devine à l’horizon que nous allons assister à un superbe éveil du soleil sur Katmandu. Ashal m’indique une chaise où prendre place, il a déposé une bougie au centre de la table et un cendrier. Il me connaît déjà si bien… Je lui propose une cigarette qu’il accepte de bon cœur. Nous échangeons un sourire entendu, et assistons ensemble au lever du soleil, en silence. Un instant de flottement. Unique, magique. A cet précis, plus rien n’existe que ce moment précis, ce que nous vivons ici et maintenant.

Histoire de sortir des sentiers battus par la capitale, les Bébés quittent l’agitation pour le calme de l’Himalaya. En direction de l’Annapurna, nous faisons une halte à Nagarcot. L’occasion de prendre un bon bol d’air frais sur les hauteurs de ce village, où l’on peut admirer l’Himalaya dans toute sa splendeur. Une vue imprenable, à couper le souffle. Si bien que l’Ipod Touch de mon Bébé décide de manifester sa joie en tombant par terre. Le soir, Prem nous a demandé d’aller rendre visite à l’un de ses amis, tenancier d’un hôtel dans ce même village. Notre visite est attendue, si bien qu’il nous invite au petit salon à partager un verre de sa liqueur maison. Il ouvre généreusement sa toute dernière bouteille pour nos beaux yeux. Aujourd’hui encore, nous n’avons aucune idée de la composition de cette boisson.A mi-chemin entre l’alcool modifié et le cocktail Molotov, j’ai cru que nous allions nous décomposer de l’intérieur après le passage de ladite boisson dans notre gosier. Bref. Sauf que c’est difficile de refuser quelque chose de la part d’une personne qui fait autant preuve de générosité… Bébé et moi avons le malheur de nous jeter un regard entendu, nos deux visages crispés, comme privés d’oxygène par la trop forte dose d’alcool ingurgitée. Et là, c’est le drame. Nous partons dans un fou-rire incontrôlable, que notre hôte a bien du mal à intégrer. Il nous invite à dîner et nous filons nous coucher. Le réveil à 4h du matin est difficile. J’embarque la couette de mon lit autour de mes épaules, puis nous nous lançons dans une sacrée montée d’escalier. A plus de 3000 mètres, c’est le meilleur point de vue pour voir le soleil pointer le bout de son nez. En face: l’Everest. Majestueux, inaccessible. A l’est, les timides rayons transpercent le ciel. Les nuages sont en-dessous de nous, seuls les sommets du massif montagneux arrivent à les transpercer. Nous restons plantées là jusqu’à presque midi, hypnotisées. Un joyeux programme achevé par la descente à pieds des 20km nous séparant de la ville la plus proche. Des paysages et des villages de toute beauté, que nous avons eu la chance de découvrir en compagnie d’Aurélien-notre-sauveur.

Les derniers jours, les Bébés ont testé pour vous le Centre commercial népalais, et le marché  à ciel ouvert de Radna Park. Très népalais. Trop népalais? Pour couper court à ces folles expériences, nous décidons de renouer avec la magie. Direction les Garden of Dreams. Simplement, cet endroit porte très bien son nom. Un petit coin de paradis niché en plein cœur de la ville: balançoires en bambou, îlots drapés, fontaines, salon de thé raffiné… Tout est verdoyant, pur et zen. Le temps s’est arrêté. Difficile d’imaginer qu’à l’extérieur, la vie continue à Katmandou. Les Bébés ont également testé pour vous la magie du massage népalais! Inégalable.
Avec tout ça, il est temps de quitter notre petit nid douillet de l’auberge Kumari Inn. Les Bébés bouclent leurs valises, disent au-revoir à Aurélien-notre-sauveur, Prem, Ashal et Phulman , et sortent les mouchoirs. Parce que le Népal quand même, c’était génial.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s