CUBA

MAI 2013 – Lorsque l’avion en partance de Mexico City approche de La Havane, je glisse discrètement les écouteurs dans mes oreilles pour entendre la chanson « Represent, Cuba« . Musique d’arrivée, suave et entraînante. J’ignore encore que cette unique mélodie se transformera en miroir de cette parenthèse cubaine…

Toute forme d’ironie mis à part, je dois avouer que nous avions bien besoin de repos. Ahaaaa… J’entends déjà vos quolibets, bande de nuls. Faites un peu ce que nous avons fait, et on en reparlera ! Après les épisodes d’Atacama au Chili et de Bolivie, notre santé a pris un sacré coup dans l’aile. Je me réjouis à l’idée de retrouver le plat, la mer et une respiration, dignes de ce nom. Bébé et moi atterrissons à l’aéroport de La Havane, où nous côtoyons le premier cubain du séjour, en la personne douce et délicate du gentil agent des douanes. Tant d’amabilité et de bonté, ça frise le ridicule… Seconde étape: les bagages. Là encore ça coince, puisque les nôtres n’arrivent pas à bon port. Après tout, c’est vrai que pendant cette année nous avons été bénies. Il faut attendre presque la fin pour qu’ils commencent à nous contrarier… BREF. Avec tout le calme et la patience qui me caractérisent, je fonce sur le premier malheureux responsable sur ma route: « Où sont les bagages en provenance de Mexico? Il en manque!« . Et là, il m’annonce tout naturellement que les bagages sont restés à Mexico. Me voilà rassurée. Et j’imagine qu’ils vont revenir ici tout seuls, comme des grands? En fait, ils ont simplement pris le vol suivant les petits malins. C’est dingue, bientôt ce sont des bagages qui prendront le pas sur la robotique, parole d’expert! Patience… Les voilà! On va sabrer le Champagne pour la peine ! D’abord, il nous faut trouver un hébergement. Pour ce faire, nous embarquons à bord d’un taxi rafistolé de partout. J’en connais un qui aurait bien besoin d’un lifting… Nous arrivons chez un logeur proposé dans le guide Lonely Planet. Faute de place, il nous recommande une maison particulière située au cœur de la Havana Vieja. Milady, cubaine célibataire d’une quarantaine d’années, nous accueille chaleureusement chez elle. Celle qui deviendra notre « Maman cubaine » nous installe dans une chambre spacieuse et confortable, climatisée, et grande salle de bain attenante. Nous pouvons profiter des parties communes, salon et salle à manger autant que nous le souhaitons. Nous posons nos bagages et lui demandons conseil pour un endroit sympa où se restaurer. Les yeux fermés, nous nous y rendons à pieds. Même pas peur, Havana de mi corazon! On dit que tu fais peur, même pas vrai d’abord! Après le déjeu-dîner, Bébé et moi marchons vers notre nouvelle maison, et découvrons les joies du société à dominante masculine: de sympathiques petits bruits de bouches lancés par de vrais gentlemen à notre égard. Mieux vaut en rire finalement… Après tout, on est à Cuba!

Les jours suivants, marcher à travers les rues est devenu notre passe-temps favori. L’idéal pour entendre les musiques entraînantes de la rue, sentir l’odeur entêtante des cigares, admirer les innombrables voitures de collection, et ne pas résister à l’appel du Mojito qui nous tend les bras… La superficie de l’île étant nettement plus importante que nous le pensions (1000 kilomètres d’est en ouest, tout de même!), nous décidons simplement de profiter de ces 10 jours sur place pour découvrir profondément La Havane, et rendre une petite visite à l’eau turquoise à Varadero. En ce qui concerne le côté plage et farniente, Varadero incarne le nec plus ultra pour ceux que j’appelle affectueuse les « touristes insignifiants ». Autrement dit, les idiots qui se rendent dans des endroits lointains sans prendre la peine d’apprécier le contact avec les locaux, ni d’être culturellement bouleversé. Un tourisme confortable, certes. Mais un tourisme qui ne sert à rien. Franchement, autant aller à la plage sur la Côte d’Azur pour faire ça… Enfin bref, ce ne sont pas mes oignons après tout. Où en étais-je? Ah oui: Varadero. Donc Varadero est une petite station balnéaire située à 150km de la capitale, propice à accueillir les touristes du monde entier, venus se faire dorer la pilule ou profiter des faveurs sexuelles de jeunes cubains ayant l’âge d’être leurs petits enfants. Au choix, donc. Avec mon Bébé, nous atterrissons dans un hôtel dont l’apogée remonte très probablement aux années 50. Défraichi donc, mais confortable. Gros avantage: le bar ouvert donnant directement sur la plage. Mojitos faits sous nos yeux par de beaux serveurs à la peau caramel, pratique pour le goûter. Les Mojitos hein, pas les serveurs. Jamais auparavant je n’avais vu d’eau transparente. L’arc-en-ciel des bleus s’étale devant nous: une invitation à la délectation; à la dépravation.

Finalement, que penser de Cuba? Nos cœurs de Bébés penchent vers deux émotions contraires: d’un coté, l’île est paradisiaque, remplie de charme, ses habitants chaleureux à première vue, et une douceur de vivre se mêle au dynamisme et à l’enthousiasme des locaux. Néanmoins, le revers de la médaille est que cette destination cible une catégorie de tourisme: le luxe. Peu de choses sont mises en place pour les routards. Aussi à Cuba, il existe une double monnaie: le Peso nacional et le Peso convertible. Et les touristes n’ont pas d’autre choix que d’utiliser le CUC (le convertible) qui est au même taux que le dollar américain. Inutile de préciser quelle mauvaise surprise ce fut pour notre budget… Mais nous ne sommes pas à plaindre, étant donné que même les locaux sont contraints d’avoir recours à cette monnaie pour certains achats. Ce système a été mis en place par le gouvernement en 1990 suite à la fin de l’afflux de dollars américains, mais aussi dans le but de réduire le niveau de vie des locaux qui était trop élevé. Pour résumer : double monnaie est égal à double arnaque. Comme à notre habitude, nous nous nourrissons à travers de multiples rencontres. Sauf qu’à Cuba, ça ne fonctionne pas comme ça, et nous l’avons appris à nos dépends… Les cubains sont profondément gentils, chaleureux, solidaires… Mais la plupart du temps, ces attentions ne sont pas gratuites et impliquent quelque chose en retour, comme de l’argent par l’exemple. Décidément à Cuba, on ne peut pas laisser son déguisement de touriste au placard, à notre grand regret.

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