SICILE

SEPTEMBRE 2016 – Cette fois, j’avais vraiment besoin de vacances ! Il faut dire qu’après ces sept derniers mois intenses et sans pause depuis Rome, l’idée de m’envoler de nouveau pour l’Italie (et d’avaler des kilos de pâtes) nous réjouissent, moi et mon estomac, au plus haut point. Cerise sur le cadeau: mon Doudou est de la partie…

Nous atterrissons de nuit à Palerme, et prenons nos quartiers à bord de notre Ferrari (qui s’avère plutôt être une Fiat Panda couleur crème). BREF, courage: encore une heure de route pour rejoindre Marzara del Vallo où se trouve notre logement. Ma première expérience autoroutière sicilienne fût mitigée, d’autant plus en raison des changements de vitesses: 130km/h, jusque là nous sommes d’accord, puis 100, 80, 40… Bon avec le recul, je pense que nous n’avons pas tout compris, parce qu’il arrivait (souvent) que les véhicules des locaux déboulent comme des sauvages à plus de 160km/h (portable à l’oreille évidemment, sinon c’est moins marrant).Nous arrivons à bord port et là, spontanément, le GPS décide de faire la sieste. C’est un GPS sicilien, ne l’oublions pas: une heure de travail implique nécessairement une heure de repos, bah oui, pour récupérer… Certes nous sommes à Mazara del Vallo, mais c’est grand quand même… Après un certain temps que nous tairons, histoire de préserver une partie de notre honneur, nous avons fini par arriver au paradis: Giardino di Costanza, Luxury resort s’il vous plaît ! Je vous ai déjà dit que j’adorais Voyage Privé ? Il est presque minuit. Après une journée entière dans les transports, une bonne douche s’impose. Puis coucouche panier, les Doudous.

Le lendemain matin, réveil en douceur: le soleil nous salut, ainsi que l’immense buffet de petit déjeuner de notre 5 étoiles: rhooo génial ! Il y a même des œufs brouillés et du bacon ! Pour Doudou, ce seront plutôt pâtisseries et viennoiseries. Nous sommes gâtées, on se régale ! A peine notre repas avalé, j’irais volontiers me recoucher: « On fera au sieste sur la plage » me souffle Doudou. « D’accord ! » C’est dur la vie en vacances, tout de même… Direction la plage de Tonnarella: Lungomare Fata Morgana. Nous louons un transat pour la journée et nous faisons dorer la pilule comme des Chatons que l’on papouillerait. Nous discutons très sérieusement du budget à allouer aux bouteilles de Prosecco pour arroser nos soirées. On se croirait au G20. Une fois les décisions prises, nous passons à l’exécutif: un bon bain, une coupe à la main, suivi d’une séance guimauve en chaussons et peignoirs. Et pour le dîner, il aura lieu au restaurant de l’hôtel: faut pas déconner quand même, on a déjà pris la voiture une fois aujourd’hui! Nous nous contenterons d’une petite collation légère: ravioles au Homard rouge, dégustation de fromages siciliens et cheesecake au citron. Quelle vie de merde…

Lundi, le même genre de journée difficile nous attend: une matinée à larver sur les transats de la piscine, découverte de Marsala et pour finir : dégustation de vins. Marsala n’est pas un cas à part, mais il faut savoir qu’entre midi et 16h30, absolument toutes les villes d’Italie du sud se transforment en villes fantômes. Du coup, nous avons errer comme des âmes en peine, une grosse glace à la main, en attendant que l’endroit reprenne vie. En ce qui concerne la dégustation, comment dire… Fermez les yeux, et imaginez un délicat mélange entre le dissolvant, le miel, et les Petit Lu, le tout avec une odeur de Whisky bas de gamme. Et bien ça, c’est le vin de Marsala. Notre pauvre palais a été brutalement violé. Pour panser nos maux, quelques verres de rouge et de blanc ont été bien utiles. Et nos papilles ont adoré le Nero d’Avola! Mardi, grosse journée. Si si, au sens propre du terme, pour une fois: réveil à 7H pour nous rendre dans la Vallée des Temples d’Agrigente. Ces ruines ont plus de 2500 ans et ont été érigées ici par les grecs. Curieux? Pas tant que ça, sachant qu’Agrigente fut autrefois la quatrième plus grande cité du monde, et que la Sicile fut influencée à la fois par les Grecs, les Romains, les Carthaginois et les Phéniciens. Quoiqu’il en soit, ces temples sont aujourd’hui le lieu le plus visité de Sicile, et totalise près de 600 000 visiteurs par an. Ça en fait du monde! Mercredi : Palerme. Quelle idée de merde… A moins qu’un jour ces malades de palermitains apprennent à conduire, il y a peu de chances que nous y remettions les pieds… Ou alors ils ont tous de sérieux problèmes de vue, d’alcool, de bipolarité ou de syndrome de la Tourette. Au choix. Nous avons frôlé la mort une bonne vingtaine de fois, entre les scooters qui slaloment allègrement à gauche et à droite de notre voiture, des feux non respectés et de l’usage abusif du klaxon. Bref, pour essuyer le traumatisme et la joie d’être encore entières, nous décidons de nous éloigner de la « capitale » pour rejoindre un petit port de pêche tranquille à Castellammare del Golfo. La mer nous enveloppe d’une fraîcheur réconfortante, tandis qu’un Spritz et un Bellini appellent nos muscles à se détendre. Nous aussi on a fini par adopter le rythme sicilien: un jour de labeur égal deux jours de repos. Résultat, nous passerons les deux derniers jours de notre semaine à cocooner à l’hôtel: thalasso, massages au spa, piscines intérieures et extérieures, bouteilles de Prosecco, dîners aux chandelles et cocktail dans la piscine. Comme les Doudous vous le disait: c’est pas tous les jours facile…

Petite parenthèse MAFIA: vous ne pouvez pas savoir à quel point j’ai ri quand ma Mamounette s’est gentiment inquiétée de cette destination: « Tu feras attention là-bas, il y a la Mafia! » Et bien figurez-vous que j’aurais mieux fait de laisser mes moqueries au placard. La Sicile a toujours été terre dédiée à cette organisation. A l’origine, le système mafieux a vu le jour au XVe siècle. Ceux que l’on a fini par appeler mafioso se sont en fait dressés contre le système féodal et provoquaient à la fois admiration et crainte de la part de la paysannerie. Certains vouaient un véritable culte aux bandes, et devinrent ainsi membres de la Cosa Nostra. Evidemment, inutile de préciser à quel point le code du silence, la fameuse omerta, est sérieuse aux yeux de la Mafia. Pour l’illustrer, rien de mieux que de voir et revoir le célèbre film Le Parrain. A partir des années 50, un important trafic de stupéfiants a vu le jour entre la Mafia sicilienne et celle établie aux Etats-Unis. Des milliards de dollars furent brassés dans les années 70, si bien que les rivalités entre les familles se sont accrues à ce moment-là. La société sicilienne est entièrement sous contrôle mafieux à cette époque, mais des meurtres sauvages ont lieu chaque jour. La population souffre de l’insécurité et des tensions qui règnent sur le territoire. Au début des années 90, quelques courageux magistrats lancent le mouvement Anti-mafia qui s’est imposé aujourd’hui en Sicile. Inutile de préciser que chacun d’entre fut sauvagement assassiné, y compris un prêtre. Depuis, plusieurs arrestations, dont celle du « parrain des parrains » Salvatore Riina en 1993, ont permis de mettre à mal l’organisation. Et même si les descendants des parrains font désormais profil bas, ils possèdent toujours une grande influence sur la société sicilienne.

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